Ce qu’un artisan achète chez Solocal
Solocal, éditeur de PagesJaunes, vend aux professionnels de la présence en ligne par abonnement : une fiche PagesJaunes, un site, et des offres de publicité locale appelées « Booster ». Ce n’est pas une plateforme qui vend des contacts à l’unité, c’est un contrat de service continu.
Le groupe revendiquait 270 000 clients et des prises de commande de 362 millions d’euros en 2025, en hausse de 18 % (communiqué des résultats annuels de Solocal, 2025). Les offres Booster représentent 58 % de ce chiffre, dont 64 % pour le seul Référencement Prioritaire PagesJaunes ; les sites internet pèsent 18 %, soit 58,3 millions d’euros (même communiqué). Les artisans ne sont donc pas un marché marginal pour Solocal, ils sont une part significative des deux activités.
Les prix ne sont pas publiés sur le site de Solocal. Un cas cité par un guide de résiliation indépendant donne un électricien facturé 290 euros par mois (WebTensor, 2026). Ce chiffre est un exemple isolé, pas une grille tarifaire : demandez toujours le montant exact écrit dans votre propre contrat.
Le produit qui pèse le plus dans le Booster est le Référencement Prioritaire PagesJaunes, qui représente à lui seul 64 % de cette activité (communiqué des résultats annuels de Solocal, 2025). Concrètement, c’est un placement payant en tête des résultats de recherche sur le site et l’application PagesJaunes, distinct du référencement naturel sur Google, où se fait l’essentiel des recherches d’un particulier qui cherche un artisan.
Pour savoir si vous êtes concerné, le plus simple est de reprendre votre relevé bancaire professionnel et de chercher un prélèvement mensuel au nom de Solocal ou de PagesJaunes, ou de retrouver le courriel de bienvenue reçu à la signature. Le bon de commande papier ou numérique mentionne la durée, le prix et le service souscrit : c’est le document à relire avant toute décision.
Douze à vingt-quatre mois, avec reconduction tacite
La durée standard d’un contrat Solocal est de douze mois, et certaines offres montent jusqu’à vingt-quatre mois (NEWP, 2026 ; WebTensor, 2026). Le contrat se reconduit ensuite tacitement, pour un an, si personne ne le résilie dans les délais.
Ce mécanisme est légal : il figure dans les conditions générales que l’artisan a signées. Le problème n’est pas le principe, c’est le moment où on le découvre. Un contrat signé en confiance, sans relire la clause de durée, devient une facture qu’on découvre reconduite douze mois plus tard.
Cette logique n’est pas propre à Solocal. D’autres vendeurs de présence en ligne pour artisans pratiquent des durées comparables, parfois plus longues, avec un logiciel de site qui reste la propriété du prestataire plutôt que de l’artisan (comparatif des plateformes de visibilité, machineachantiers.com, relevé le 08/09/2026). La question de la durée et de la propriété du site mérite donc d’être posée à chaque fournisseur, pas seulement à Solocal.
Le préavis de quatre mois : la date qui décide de tout
Pour résilier, il faut envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception, au moins quatre mois avant la date anniversaire du contrat (NEWP, 2026 ; WebTensor, 2026). Passé ce délai, le contrat repart automatiquement pour un an.
Concrètement : si votre contrat a été signé ou renouvelé le 15 mars, votre lettre doit être envoyée au plus tard le 15 novembre de l’année précédente pour que la résiliation prenne effet à la date anniversaire suivante. Comptez à rebours depuis votre date de signature, pas depuis la date du jour, et gardez une preuve de dépôt.
Beaucoup d’artisans découvrent ce préavis trop tard. Le mécanisme est écrit dans les conditions générales, ce n’est pas un abus : c’est un délai qu’il faut connaître et surveiller soi-même, dans un agenda, bien avant l’échéance.
- Retrouvez votre bon de commande signé, pas seulement une facture : la date de signature y figure.
- Vérifiez la durée inscrite : 12 ou 24 mois selon l’offre (NEWP, 2026 ; WebTensor, 2026).
- Comptez quatre mois en arrière depuis la date anniversaire pour fixer votre date limite d’envoi.
- Envoyez la lettre recommandée avec accusé de réception à l’adresse du siège indiquée sur le contrat, et conservez le récépissé.
- Notez la date de votre prochaine échéance dans un agenda dès maintenant, un an à l’avance si besoin.
| Point du contrat | Chez Solocal (sourcé) | Chez la machine à chantiers |
|---|---|---|
| Engagement | 12 à 24 mois (NEWP, WebTensor, 2026) | Aucun engagement |
| Résiliation | Lettre recommandée, 4 mois avant l’échéance (NEWP, WebTensor, 2026) | Arrêt par SMS, à tout moment |
| Reconduction | Tacite, un an de plus si le préavis est raté | Sans objet |
| Site en partant | Désactivé ; seule la fiche pagesjaunes.fr reste (NEWP, WebTensor, 2026) | Le site reste à vous, sur votre domaine |
| Mois sans résultat | Facturé quoi qu’il arrive | Gratuit si moins de trois demandes de chantier |
| Loi Chatel | Ne s’applique pas à un professionnel (NEWP, 2026) | Sans objet, pas d’engagement à résilier |
La Loi Chatel ne s’applique pas à un contrat professionnel
La Loi Chatel oblige un fournisseur à informer un particulier de la date de résiliation possible et à faire courir un nouveau délai s’il l’oublie. Elle protège les consommateurs, pas les professionnels : un artisan qui signe en tant qu’entreprise n’en bénéficie pas (NEWP, 2026).
Autrement dit, Solocal n’a pas d’obligation légale de vous rappeler votre échéance. La responsabilité de suivre la date revient entièrement à l’artisan, dès la signature du contrat.
C’est une différence importante avec les contrats grand public, où une box internet ou un abonnement de téléphone doivent afficher clairement la date limite de résiliation sur chaque facture. Un artisan qui signe pour son entreprise ne bénéficie pas de ce filet, et c’est précisément pour cette population professionnelle que le préavis de quatre mois mérite d’être noté à part, dans un agenda, dès la signature.
Ce qui reste quand vous partez
À la fin du contrat, le site hébergé par Solocal est désactivé. Seule la fiche pagesjaunes.fr subsiste, sur leur plateforme (NEWP, 2026 ; WebTensor, 2026). Les mois ou les années de présence en ligne financées par l’abonnement ne se transforment pas en un actif que l’artisan garde.
C’est la question à poser avant de signer n’importe quel contrat de visibilité, chez Solocal ou ailleurs : qu’est-ce qui m’appartient le jour où j’arrête de payer ? Le domaine ? Le code du site ? Les avis collectés ? Une réponse écrite dans le contrat vaut mieux qu’une promesse orale.
Ce que disent les litiges et les avis
Le site Village Justice recense des litiges récurrents autour des contrats d’annuaire professionnel : signature électronique par code SMS contestée, gestion de la reconduction tacite, hausses de prix en cours de contrat, et injonctions de payer en cas d’impayé (Village Justice, consulté le 22/09/2026). Ces contentieux concernent le secteur des annuaires professionnels dans son ensemble, pas uniquement Solocal.
Sur Trustpilot, la page Solocal affichait 4,3 sur 5 pour 12 119 avis au 8 septembre 2026, mais 33 % de ces avis étaient notés à une étoile (Trustpilot, relevé le 08/09/2026). C’est le taux d’avis à une étoile le plus élevé parmi les plateformes de visibilité comparées sur ce site. Le motif qui revient le plus souvent dans ces avis critiques n’est pas la qualité du service commercial, c’est la durée d’engagement découverte après signature.
Les avis positifs existent aussi, et il serait malhonnête de les taire : 59 % des 12 119 avis Trustpilot donnent cinq étoiles, souvent sur la qualité de l’échange commercial. Un client écrivait par exemple, le 7 septembre 2026 : « Très clair et efficace. Un échange constructif. » (Trustpilot). L’offre packagée convient à un artisan qui préfère tout déléguer et ne veut rien gérer lui-même en ligne.
À l’inverse, un avis à une étoile du 4 septembre 2026 illustre la surprise la plus fréquente : « Le commercial qui m’appelle m’explique que si je m’abonne il mettra le bon nom… 3 jours après c’est toujours pas fait » (Trustpilot). Le point commun de ces critiques n’est pas la malhonnêteté du vendeur, c’est le décalage entre ce qui est annoncé au téléphone et ce qui est écrit noir sur blanc dans le contrat. La seule protection contre ce décalage est de lire le bon de commande avant de le signer, ligne par ligne, en particulier la durée et le préavis.
Comparer pendant que le contrat court encore
Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de son contrat Solocal pour tester autre chose. Le contrat n’interdit pas d’avoir une autre source de demandes en parallèle : une fiche Google tenue à jour, un site sur votre propre domaine, une ligne qui répond à chaque appel.
La méthode la plus honnête est de comparer sur 90 jours, deux chiffres côte à côte : les demandes venues de Solocal, et les demandes venues d’ailleurs. Vous décidez ensuite, avec la preuve en main, avant votre date limite, laquelle garder. Personne, chez Solocal, ne demande à un artisan de couper son abonnement du jour au lendemain : la question posée ici est seulement de savoir à quelle date la décision doit être prise, et avec quels chiffres.
Notez chaque appel et chaque message reçu pendant ces 90 jours, en indiquant sa provenance : fiche PagesJaunes, fiche Google, site, bouche-à-oreille. Un simple carnet suffit au départ. C’est cette liste, plus que n’importe quel argument commercial entendu au téléphone, qui dira ce qui apporte réellement des demandes de chantier à votre entreprise.
La machine à chantiers fonctionne sur ce principe : un site à votre nom, sur votre domaine, pour 1 euro aujourd’hui, sans engagement, arrêt possible par SMS. Le mois n’est facturé 199 euros HT que s’il vous a apporté au moins trois demandes de chantier ; sinon, il ne coûte rien. Si vous arrêtez, le site reste à vous.
Ce que les artisans demandent
Comment résilier un contrat Solocal (Pages Jaunes) ?
Le contrat Solocal se reconduit-il vraiment tout seul ?
Est-ce que je garde mon site si je pars ?
La Loi Chatel protège-t-elle un artisan qui veut résilier ?
Puis-je tester une autre solution avant la fin de mon contrat Solocal ?
D’où viennent ces chiffres
- NEWP, « Solocal / PagesJaunes : avis, contrat et résiliation 2026 » (consulté le 22/09/2026)
- WebTensor, « Résilier Solocal / Pages Jaunes : guide complet 2026 » (consulté le 22/09/2026)
- Solocal, communiqué des résultats annuels 2025 (2026)
- Village Justice, « Résiliation d’un contrat Solocal : régime juridique du bon de commande publicitaire » (consulté le 22/09/2026)
- Trustpilot, page Solocal (note, volume, répartition des avis) (relevé le 08/09/2026)
- Machine à chantiers, comparatif des plateformes de visibilité pour artisans (relevé le 08/09/2026)
Chaque chiffre de cet article porte sa source. Une erreur, une source plus récente ? contact@ellitestamp.com : on corrige, en datant la correction.
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