Pourquoi la question se pose : une entreprise sur deux n’a pas de site
Une entreprise du bâtiment sur deux n’a pas de site internet (Baromètre France Num 2025, Direction générale des Entreprises). Pour celles qui décident d’en avoir un, le choix ne se limite pas à « avec ou sans site » : il porte sur le modèle économique du vendeur, qui change radicalement ce que l’artisan paiera sur plusieurs années et ce qu’il en retirera à la fin.
Deux grandes familles existent : les sites vendus par abonnement, avec un engagement de plusieurs mois ou années, et les sites vendus une fois, dont le code appartient à l’artisan dès la livraison. Les deux existent sur le marché français, à des prix très différents, et aucune des deux n’est mauvaise en soi : ce qui compte, c’est de savoir dans laquelle on entre avant de signer, pas après.
Ce que facturent les vendeurs de sites par abonnement
Linkeo, agence qui revendique plus de 40 000 sites livrés en 22 ans, publie ses tarifs sur son propre site : un pack « Essentiel IA » à partir de 312 euros HT par mois avec 1 260 euros HT de frais de création, un pack « Expert IA » à 342 euros HT par mois avec 2 280 euros HT de création, et un pack « Premium IA » à 546 euros HT par mois avec 2 460 euros HT de création (Linkeo, tarifs relevés le 08/09/2026). L’engagement va de six mois pour un contrat pris en ligne à quatre ans pour un contrat signé en agence, la mensualité baissant avec la durée.
Simplébo, autre vendeur de sites par abonnement, ne publie pas ses prix sur son propre site, mais un comparatif indépendant en relève trois paliers au 30 juin 2026 : 60 euros par mois avec 400 euros HT de création, 110 euros par mois avec 700 euros HT, et 240 euros par mois avec 2 000 euros HT (Tool Advisor, mis à jour le 30/06/2026). Contrairement à Linkeo, cet abonnement est sans engagement et résiliable à tout moment, selon la même source.
Solocal, éditeur de PagesJaunes, propose aussi un site dans son offre de visibilité. Un cas cité par un guide de résiliation donne un électricien facturé 290 euros par mois pour l’ensemble du contrat, sur un engagement de 12 à 24 mois (WebTensor, 2026).
Sur plusieurs années, l’écart se creuse
Un abonnement se juge rarement sur son premier mois. Sur l’engagement le plus long proposé par Linkeo, quatre ans, le pack Essentiel IA revient à plus de 16 000 euros HT : 312 euros HT par mois pendant 48 mois, plus 1 260 euros HT de création (calcul à partir des tarifs Linkeo relevés le 08/09/2026). Le site, à l’issue de cette période, ne sera pourtant pas la propriété de l’artisan qui l’aura payé.
Sur le cas cité par WebTensor pour Solocal, un engagement de 24 mois à 290 euros par mois représente 6 960 euros, avant même de compter d’éventuels frais annexes. Là aussi, le site s’éteint à la sortie, et seule la fiche pagesjaunes.fr subsiste.
À titre de comparaison, le site offert par la machine à chantiers, d’une valeur de 2 900 euros HT, ne coûte rien de plus que la machine elle-même, facturée seulement les mois qui apportent au moins trois demandes de chantier. Sur quatre ans sans un seul mois en dessous de ce seuil, la dépense maximale reste inférieure à 9 600 euros HT, et le site reste la propriété de l’artisan quoi qu’il arrive.
| Offre | Prix | Engagement | Ce qui reste à la sortie |
|---|---|---|---|
| Linkeo, pack Essentiel IA | 312 € HT/mois + 1 260 € HT de création | 6 mois à 4 ans selon le contrat | Textes, logos, domaine ; pas le code du site |
| Simplébo, palier Crédibilité | 60 € HT/mois + 400 € HT de création | Sans engagement | Non précisé publiquement, à demander par écrit |
| Solocal (cas cité) | 290 €/mois | 12 à 24 mois | Rien ; le site est désactivé à la sortie |
| Machine à chantiers, site offert | 0 € (valeur 2 900 € HT), machine à 199 € HT/mois | Aucun | Le site et le code, sur le domaine de l’artisan |
| Machine à chantiers, site seul | 1 490 € HT une fois, puis 39 € HT/mois d’hébergement | Aucun | Le site et le code, dès le premier jour |
Louer un site, ou le posséder : ce qui change à la sortie
Chez Linkeo, l’artisan qui part récupère ses textes, ses logos et ses photos par courriel après paiement complet, ainsi que son nom de domaine. Il ne récupère pas le site lui-même : le logiciel qui l’affiche reste la propriété de Linkeo, et aucune copie du code n’est transmise (Linkeo, foire aux questions relevée le 08/09/2026).
Chez Solocal, la sortie est plus radicale : le site hébergé par la plateforme est désactivé à la fin du contrat, et seule la fiche pagesjaunes.fr subsiste (WebTensor, 2026). Chez Simplébo, les pages publiques consultées ne précisent pas explicitement ce qui reste à la sortie : c’est une question à poser par écrit avant de signer, quel que soit le vendeur.
La différence tient en une phrase : dans un modèle par abonnement classique, l’argent versé chaque mois finance un service, pas un actif. Le jour où l’artisan arrête de payer, il ne lui reste rien, ou presque, de ce qu’il a construit avec ce prestataire. Dans un modèle où le code appartient à l’artisan dès la livraison, l’inverse est vrai : le site continue d’exister, sur le domaine de l’artisan, indépendamment de tout abonnement futur.
La question de la propriété a déjà fait l’objet de décisions de justice concernant Linkeo. Un jugement du tribunal de commerce de Paris du 11 avril 2016 a résolu un contrat aux torts de Linkeo, en jugeant indivisibles le contrat de prestation et le contrat de location financière signés en parallèle. Une décision de la cour d’appel de Paris du 8 novembre 2019 a, à l’inverse, jugé que Linkeo avait rempli son obligation de moyens dans un autre litige (décisions rapportées par Easyweb Agency, 2026, non relues par nous). Les deux décisions montrent surtout que la justice applique le contrat signé : mieux vaut donc le lire avant, pas après.
Ce qu’un site d’artisan doit contenir pour apporter des demandes
Un site qui existe ne suffit pas à faire venir des demandes de chantier. Trois éléments reviennent dans les mesures disponibles sur le comportement des particuliers qui cherchent un artisan.
Le prix, d’abord. Une enquête menée en décembre 2025 auprès de plus de 1 000 personnes montre que 97 % des particuliers veulent connaître un ordre de prix avant de contacter un professionnel (Housecall Pro, décembre 2025). Un site sans aucune indication tarifaire, même sous forme de fourchette, laisse partir une partie des visiteurs vers un concurrent plus transparent.
La page par ville, ensuite. Un particulier qui tape « plombier » suivi du nom de sa commune trouve plus facilement un site qui mentionne explicitement cette ville qu’un site générique qui ne parle que de « toute la région ». Une poignée de pages ciblées, une par zone réellement couverte, vaut mieux qu’une seule page qui essaie de parler à tout le monde.
Le numéro qui répond, enfin. Un site qui affiche un numéro de téléphone jamais décroché ne convertit pas mieux qu’un formulaire sans réponse. La qualité du site ne remplace jamais la qualité de la prise en charge de l’appel qui en découle.
Le prix n’est d’ailleurs pas le seul critère qui compte au moment du choix. Parmi les particuliers interrogés, 62 % citent le prix comme critère de décision, 51 % citent les avis, et 25 % citent la rapidité de réponse (Jobber, 2025). Un site sans aucun avis affiché, même renvoyant vers la fiche Google de l’artisan, part avec un désavantage sur la moitié des visiteurs, et un site muet sur les délais laisse le particulier deviner s’il attendra une heure ou une semaine.
Ce que coûte le site de la machine à chantiers
Le site livré par la machine à chantiers, d’une valeur de 2 900 euros HT, est offert dans l’offre principale : seule la machine se paie, 199 euros HT par mois, sans engagement, uniquement les mois qui apportent au moins trois demandes de chantier. Le code et le site appartiennent à l’artisan dès le premier jour, et lui restent même s’il arrête tout.
Pour un artisan qui veut seulement un site, sans la fiche Google ni la ligne dédiée, l’achat seul coûte 1 490 euros HT pour deux pages, textes rédigés inclus, payable en une ou trois fois sans frais. L’hébergement et l’entretien coûtent ensuite 39 euros HT par mois, sans engagement, premier mois offert : nom de domaine, HTTPS, sauvegardes, formulaire de demande relié au téléphone de l’artisan, et petites modifications de contenu.
Comment comparer deux offres avant de signer
Trois questions suffisent à situer une offre de site pour artisan sur cette page : combien coûte-t-elle par mois, tout compris ? Sur combien de temps l’engagement porte-t-il, et que se passe-t-il si l’artisan veut sortir avant ? Et surtout, qu’est-ce qui appartient à l’artisan le jour où il arrête de payer : le domaine, les textes, le code du site ?
La réponse à la troisième question ne figure pas toujours sur la page tarifs d’un vendeur. Elle se trouve dans les conditions générales ou la foire aux questions, ou elle se demande directement, par écrit, avant de signer. Une réponse évasive à cette question précise, à elle seule, en dit souvent plus qu’un argumentaire commercial entier.
Ce que les artisans demandent
Combien coûte un site internet pour un artisan en 2026 ?
Vaut-il mieux louer ou acheter son site internet ?
Que dois-je vérifier avant de signer un contrat de site par abonnement ?
Que doit contenir un site pour un artisan du bâtiment ?
Combien coûte le site de la machine à chantiers ?
D’où viennent ces chiffres
- Baromètre France Num 2025 (Direction générale des Entreprises), part des TPE du bâtiment équipées d’un site web (2025)
- Linkeo, site officiel (packs et tarifs) (relevé le 08/09/2026)
- Linkeo, questions fréquentes (durées, résiliation, propriété du site) (relevé le 08/09/2026)
- Tool Advisor, « Notre avis sur Simplébo » (grille de prix, sans engagement) (mis à jour le 30/06/2026)
- WebTensor, « Résilier Solocal / Pages Jaunes : guide complet 2026 » (consulté le 22/09/2026)
- Housecall Pro, enquête sur les attentes des particuliers avant contact (décembre 2025)
- Jobber, « Home Service Trends Report » (critères de choix des particuliers) (2025)
- Easyweb Agency, « Avis Linkeo 2026 : ce que révèlent les tribunaux et les clients » (consulté le 22/09/2026)
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